9 Mai 2026
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Comme des pâquerettes... Une fleuriste est cueillie par un désir d'ailleurs, aussitôt, une autre la remplace.
Derrière le comptoir de «L'instant bucolique», Anne a remplacé Emilie.
Celle-ci s'est envolée dans le plus grand mystère. Pour aller où, pourquoi faire_? Nous, les ragoteurs restons sur notre faim. Un petit apéro sympa dans son magasin un soir de janvier avec ses clients fidèles et ses amis, un sourire, trois petits tours et puis s'en va , emportant avec elle ses joues empourprées, un sourire timide, sans ombre, une femme soleil.
Aujourd'hui, Anne est là. Elle connaît, bien sur, la boutique, voilà deux ans qu'elle y travaille, comme stagiaire puis comme salariée.
«L'instant bucolique», c'était aussi elle, plutôt une complice qu'une salariée.
«Émilie était mon mentor, ma conseillère»... discrète Anne_. Sincère humilité mais qui cache une femme bien plus forte qu’il n'y paraît. Une obstinée qui a relevé les défis qu'elle s'était imposé.
Elle devient propriétaire le 6 Février. Mais déjà le premier obstacle_: dans quelques jours, ce sera le 14 , et le 14 février c'est la Saint-Valentin , l'une des plus grosses fêtes florales de l'année pour tout fleuriste qui se respecte. Anne se jette alors dans le travail , les commandes affluent déjà , elle y mettra tout, à corps perdu, mais jamais à tête perdue. C'était une occasion pour montrer son talent .
Au niveau ambiance, on touche à rien : même nom, même enseigne, même téléphone, même imaginaire.
«C'est pour cela qu’Émilie est partie sans faire de bruit, pour un relais en douceur...Je ne voulais pas révolutionner l'ambiance de la boutique parce que c'est cette ambiance qui me l'a fait acheter.»
Elle a même gardé le principe de ces photos qui accompagnent les bouquets, des portraits d'hommes coiffés de couronne de fleurs.
La clientèle surfe sur la transition, les habitués d'hier deviennent les fidèles d'aujourd'hui.
Sans diplôme, sans agrément, n'importe qui peut ouvrir une boutique de fleurs, acheter puis vendre des fleurs comme on vend des bibelots ou des carottes . Mais ce n'est pas ça qui fait un bon fleuriste.
Pour Anne, l'art, c'est la composition florale, savoir faire un bouquet même modeste en satisfaisant à la fois l'acheteur mais aussi la personne qui va le recevoir. Pour cela, il faut savoir questionner discrètement, l'air de rien, et puis traduire cela en assemblage délicat de corolles ou en éclat de printemps ou en silence parfumé, «faire de belles choses portées par l'émotion».
Anne est née entre le Loiret et la Seine-et-Marne d'une mère gatinaise au milieu d'un immense jardin couvert de fleurs cultivées par le papa ariégeois. Naissance d'une passion....
Elle ira étudier à Toulouse à l'INSA, l'Institut National des Sciences Appliquées. Elle en sortira avec un diplôme d'Ingénieur en Génie Biochimique Alimentaire. Elle sera immédiatement embauchée dans des grosses entreprises de l'industrie alimentaire, «Nestlé» ou encore «Nutrition et Santé».
Pendant des années, elle achète des produits en fonction des stratégies qu'on lui dicte ou qu'elle élabore . En ce temps là, elle n'était pas là «pour faire plaisir au client mais pour l'influencer».
«Je voulais cultiver la beauté des choses simples. La beauté, ça apaise, ça me fait du bien»
Alors elle laisse tout tomber et en 2024 va travailler chez Émilie tout en passant un CAP de fleuriste.
Le contact social lui manquait . Dans ce nouveau métier, elle est servie. Elle trouve ce quartier plus diversifié qu'il n'en a l'air; des gens aisés ou des gens précaires, des vieux ou des jeunes, des petits bouquets ou des gros bouquets, «_je perçois ici une vraie mixité sociale qui est humainement très enrichissante .»
Contact:
«L'instant bucolique»
89 rue des 36 Ponts
31400 Toulouse
Tel_: 09 54 98 89 36
linstantbucolique@gmail.com
Michel