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Ces jeunes tentés par l'Orient

Au lycée Berthelot à Toulouse, près du quartier du Busca, 100 élèves savent tracer des hiragana, katakana ou kanji et 30 s'appliquent aux sinogrammes ou hanzi. 

Des jeunes occidentaux qui parlent, écrivent et lisent le japonais ou le chinois. 

Line Tan, est née à Hubei dans « la province du nord du lac », au centre-est de la Chine. Elle est professeur à Berthelot. 

Ivan Grandclément est né à Paris . Après des années de professorat à Tokyo, il enseigne également à Berthelot. 
Des langues orientales différentes mais qui, curieusement attirent les ados pour des raisons similaires. 
La clé de la motivation : les Mangas

Qu'est ce qui peut bien attirer des jeunes français vers  ces langues orientales ? Étonnamment, les deux professeurs me répondent la même chose : leur principale motivation ce sont les Mangas, ces bandes dessinées japonaises, en noir et blanc et que l'on lit à l'envers. Les jeunes en sont fous. La France est le deuxième pays, après le Japon, consommateur de Mangas. Cet univers exotique les attire comme du miel impérial. Apprendre le chinois ou le japonais, c'est pénétrer dans ce monde lointain et mystérieux qu'ils fantasment. Certes, les Mangas, c'est japonais mais peu importe... japonais, chinois ou coréens, on confond tout. Rajoutez dans la sauce un peu de K-pop, cette musique coréenne qui fait un sacré retour depuis les années 90 et le tour est joué... on se retrouve heureux sur les bancs de Madame Tan et de Monsieur Grandclément au lycée Berthelot, ou au collège Emile Zola . 

A noter que le collège Emile Zola  a établi une correspondance avec l'école de langues étrangères de Chongquing, une grande municipalité au sud-ouest de la Chine. 

D'autres motivations moins futiles

Line Tan estime que certains parents voient le chinois comme une langue d'avenir, que cet apprentissage facilitera le passage vers les Grandes Ecoles. 

Ivan Grandclément y voit un nouvel engouement en rappelant qu'au lendemain du Covid, on a pu assister à une véritable explosion touristique vers le Japon. « On est plus dans le rêve que dans la soif du savoir. C'est un choix des jeunes plutôt que des parents. Les élèves ne sont pas là contre leur gré. » 
Line Tan rajoute : « Les enfants viennent de toutes les classes sociales, de tous les quartiers, même les plus défavorisés. »  

Des langues plus faciles qu'il n'y paraît 

En France, pour qualifier quelque chose de compliqué, on dit : « c'est du chinois... » . Une injustice qui, tout à la fois, amuse et agace Line. Les sonorités du chinois et du japonais ne posent aucune difficulté pour un Français. La prononciation des mots se fait simplement. Notre larynx, notre palais ne butent sur aucun obstacle. Il est facile d'accéder à une conversation courante. 

Là où tout se complique, c'est dans l'écriture et la lecture. 

Si la première année d'apprentissage est aisée, dans la deuxième année, on entre dans le dur, mais avec un peu de travail, rien d'impossible. 

Une ouverture sur le monde 

Nos deux professeurs s'accordent sur le même message, sur les mêmes encouragements. 
Apprendre le chinois ou le japonais, c'est apprendre à décentrer son regard, à faire un pas de côté, c'est voir le monde avec d'autres lunettes. 

 Michel 

 

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