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Duméril (impasse et rue Alfred)

Duméril (impasse et rue Alfred) - C'est l'ancien chemin de Montaudran, dit rue Montaudran jusqu'en 1933. Elle fut parfois appelée rue d'Ondres, ou de Londres (XVI" siècle).

L'impasse, ouverte vers 1880, ne fut classée dans le domaine public qu'en 1947. La proximité du Jardin des Plantes et la belle frondaison des chênes verts assurant, dit-on, le charme des appartements, la rue ne comportait des maisons que du côté pair (ouest). Ce cadre merveilleux, un jour de 1883, faillit être perturbé par une vacherie. Le Conseil municipal avait envisagé de créer une laiterie au Jardin des Plantes « avec faculté d'y introduire un certain nombre de vaches pour en extraire le lait en présence du public, et le convaincre de la pureté du produit ». Si le lait pouvait être pur, ce lieu de séjour des vaches risquait de l'être moins. Et cette vacherie-laiterie devait être établie en bordure de la rue Montaudran ! A cette nouvelle, Camille de FEZEMBAT, propriétaire du n° 80, fit circuler une pétition qui recueillit 74 signatures d'habitants de la rue et qui se doubla d'une campagne de presse. Qu'on installe ailleurs cette laiterie et ses vaches, par exemple le long du Grand-Rond ou de la Grande Allée! La mairie s'étonna, car l'un des pétitionnaires, le sieur CAUBÈRE, habitant également au n° 80, possédait... une vacherie au n° 62, composée de quinze vaches, quatre ânesses et deux chevaux!  L'odeur désagréable par l'effet des urines et des fumiers tant redoutée pour le Jardin des Plantes, ne semblait indisposer personne quand elle s'exhalait du n° 62. La mairie, cependant conciliante, décida de changer l'emplacement, et l'on décida que le nombre de vaches à introduire journellement ne dépassera jamais celui de 4 ; que ces animaux entreront et sortiront aux heures cl ‘ouverture et de fermeture réglementaires du Jardin des Plantes; qu'ils suivront constamment le même itinéraire qui leur sera tracé par l'Administration, sans jamais pouvoir en dévier, et que les allées par lesquelles s'effectuera cet itinéraire seront entretenues par le concessionnaire dans un état de propreté' permanente. Puis les vaches disparurent.

En 1933, on donna à la rue le nom d'Alfred-Emile-Sébastien DUMÉRIL, né à Saint-Omer le 20 février 1825, fils de Louis Florimond, fonctionnaire des Hôpitaux, et de Jeanne-Catherine SCHUERMANS. Il épousa Flore-Henriette LEURS. Il avait fait l’École normale supérieure et fut agrégé d‘histoire (1846). Professeur, puis doyen (1880) de la faculté des lettres de Toulouse, il est mort le 16 août 1897. Il habitait le n° 80 de la rue à laquelle, en 1933, on donna son nom Alfred DUMÉRIL. Ilavait une sœur, prénommée Thelcide, qui épousa en 1841 André MALARD, professeur agrégé de lettres puis bibliothécaire de la ville de Saint-Omer.. Ils eurent cinq filles: Hélène, Thelcide, Eléonore, Hortense et Marie, nées entre 1843 et 1859, toutes sans alliance, qui vécurent à Saint-Omer et servirent de modèle à Germaine ACREMANT pour son célèbre roman: Ces dames aux chapeaux verts (1922).

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